mercredi 8 juin 2016

Le miel




Le miel est une substance sucrée fabriquée par les abeilles à l’aide du nectar des fleurs. Composé à plus de 80 % de glucides, c’est un aliment riche en énergie et relativement pur. En fait, on y retrouve principalement deux sucres : le fructose et le glucose, deux sucres simples qui ne nécessitent aucune digestion avant leur absorption et qui sont facilement et directement assimilés par le corps. Le miel contient également une faible quantité de potassium, de même que des traces de quelques autres nutriments.


Principes actifs et propriétés

Effet prébiotique. Les prébiotiques sont des glucides non assimilables par notre organisme qui jouent un rôle dans la balance de la microflore intestinale. Le miel aurait possiblement un effet prébiotique sur le corps humain en améliorant la croissance, l’activité et la viabilité des bifidobactéries et des lactobacilles de la microflore intestinale, des bactéries importantes pour une bonne santé. Cet effet a été observé in vitro en utilisant un système de fermentation avec des bactéries fécales. L’effet prébiotique du miel serait en grande partie attribuable aux oligosaccharides, des sucres de faible poids moléculaire. D’autres études chez les humains doivent être effectuées avant de conclure à un effet significatif du miel sur la santé intestinale.

Flavonoïdes. Le miel est une source alimentaire d’antioxydants. La majorité de ces antioxydants sont des flavonoïdes. Ces derniers interagissent dans la neutralisation des radicaux libres du corps, permettant ainsi de prévenir l'apparition des maladies cardiovasculaires, de certains cancers et de certaines maladies neurodégénératives. La quantité et le type de flavonoïdes trouvés dans le miel varient selon la source florale. Règle générale, les miels les plus foncés, comme ceux issus du tournesol et du sarrasin, contiennent des quantités de flavonoïdes supérieures aux miels plus pâles, ainsi qu’une plus grande capacité antioxydante. D’ailleurs, pour une même quantité, le miel possède un pouvoir antioxydant équivalent à celui de la majorité des fruits et légumes. Par contre, il est rare que l’on consomme la même quantité de légumes/fruits et de miel.
Toutefois, l’assimilation de ces flavonoïdes par le corps humain ayant été très peu étudiée d’autres recherches sont nécessaires.

Effet antibactérien. Certaines caractéristiques du miel tel son bas pH, sa grande viscosité qui limite la dissolution d’oxygène et sa faible concentration en protéines lui confèrent un effet antibactérien important. D’ailleurs, la possibilité de prévenir et de traiter certaines affections gastro-intestinales mineures comme de l’inflammation ou un ulcère gastrique par une administration orale de miel n’est pas exclue. En effet, ce dernier diminuerait l’adhérence des cellules bactériennes aux cellules épithéliales de l’intestin ce qui empêcherait les bactéries de se fixer et de proliférer, en plus de mettre à profit ses propriétés anti-inflammatoires. Toutefois, aucune étude évaluant le potentiel thérapeutique du miel comme antibactérien n’a été réalisée jusqu’à aujourd’hui.


Contre les plaies et brûlures, le miel est utilisé depuis des milliers d’années et est encore étudié par la médecine à l’image du Pr Descottes qui étudiait il y a quelques années les bienfaits du miel sur la cicatrisation de brûlures et plaies.

Si vous souffrez d’une légère brûlure donc, ou d’une plaie que vous voulez voir cicatriser de façon naturelle, vous pouvez donc utiliser le miel.

Pour cela, nettoyez la plaie ou passez la brûlure à l’eau froide. Utilisez une spatule ou un objet aux bords doux pour prélever le miel et l’étaler doucement de manière à recouvrir totalement la brûlure ou la plaie. Recouvrez le tout d’un pansement et renouvelez l’opération une fois par jour jusqu’à cicatrisation complète.

Le miel de thym ou de lavande est souvent recommandé pour soigner ce type de blessures, mais tous les miels peuvent convenir.



Un peu d'histoire

Le miel fait partie de ces aliments dont on ne peut imaginer qu’ils n’aient toujours existé. Bien avant que l’être humain ne maîtrise la fabrication d’outils ou la construction de ruches, il récoltait le miel dans la nature, habituellement dans les troncs creux, mais aussi sous des roches moussues, voire dans de petites fosses creusées à même le sol. Cet aliment a accompagné les plus anciennes civilisations dans leur évolution et, de tout temps, on lui a rattaché une riche symbolique, dont celle d’être la substance des dieux. Sumériens et Babyloniens s’en servaient dans leurs rituels religieux, tandis que les Égyptiens en embaumaient leurs morts. Pour les Hébreux, la terre promise était celle où coulaient le lait et le miel.
Selon les cultures, le miel est élixir de longue vie, aliment des aliments, boisson des boissons, médicament des médicaments, et on lui a prêté de nombreuses propriétés médicinales. On s’en servait également pour conserver les aliments. C’est ainsi qu’au Ve siècle, l’historien Hérodote écrit que les Grecs allant chasser le faisan, dans ce qui est l’actuelle Géorgie, les immergeaient dans des amphores remplies de miel pour le voyage de retour.

L’abeille, qui est apparue sur Terre il y a 80 millions d’années, était tout aussi vénérée que le miel qu’elle fabrique : « messagère des dieux », « acolyte de la Grande Déesse », « insecte qui côtoie Dieu », « lumière solaire », aucun qualificatif n’était excessif pour décrire cet insecte qui appartient à la famille des apidés et dont l’espèce la plus répandue en apiculture est Apis mellifera, pour laquelle on connaît quatre principales races et de nombreux écotypes locaux.

Toutefois, l’abeille domestique n’est pas la seule à produire du miel. En Amérique, avant son introduction par les colons européens au XVIIe siècle, les Indiens d’Amérique du Sud élevaient à cette fin la petite mélipone (Meliponis spp.), qui se caractérise par son absence de dard et par la saveur particulière de son miel.

On peut trouver aujourd’hui des dizaines de variétés de miel. Si les plus connus sont à base d’acacia, de trèfle, de luzerne, de fleurs sauvages, de bleuet (myrtille), de verge d’or, de pommier ou de sarrasin, les produits de spécialité se multiplient : tilleul, baie de sabal, thym, lavande, romarin, sapin des Vosges, aster, avocatier, sauge, ronce, framboisier, canola, canneberge, coton, pissenlit, eucalyptus, menthe, citrouille, romarin, carthame, soya, vinaigrier, tournesol, oranger, châtaignier, etc.




 
En cuisine
 
Le miel peut remplacer le sucre dans toutes les préparations culinaires. Effectivement, une tasse de sucre blanc peut être remplacée par ¾ tasse de miel. Voici quelques suggestions :
  • dans les préparations à pain, à gâteaux, à muffins, à crêpes, à gaufres, etc.;
  • dans les boissons frappées, les infusions, le café, le thé, etc.;
  • dans les céréales du matin, ou sur du yogourt garni de fruits frais;
  • dans les salades et les compotes de fruits;
  • dans les sorbets, les glaces, le yogourt glacé;
  • ajouter une cuillerée de miel dans les sauces ou marinades;
Et bien évidement tel quel, en tartine !!!


Du miel en ville

 Contrairement aux idées reçues, le miel des villes est souvent plus sain que celui produit dans les campagnes. De plus en plus de ruches apparaissent dans les grandes villes de France. Les pouvoirs publics prennent en effet conscience de l’importance de préserver les abeilles en voie de disparition du fait notamment des pesticides. Sans abeilles, ce sont plus de 200 produits courants comme les oignons, les carottes ou encore les pommes… qui disparaîtraient. Ainsi, la ville de Marseille produit et commercialise depuis peu son propre miel. À Paris, c’est entre autres sur les toits de l’Opéra, de l’Assemblée nationale ou dans les jardins du Luxembourg que des ruches ont été installées. La diversité de la flore citadine, l’absence de pesticides et le fait que les abeilles ne captent pas la pollution des grosses agglomérations font que le miel des villes bénéficie de saveurs diverses et subtiles. Très bon pour la santé, le miel des villes est donc à consommer sans modération !



Ne pas donner de miel aux nourrissons de moins d’un an.

Le botulisme infantile est une maladie rare causée par l’ingestion de spores provenant de la bactérie Clostridium botulinum. Parce que la flore microbienne intestinale d’un enfant de moins d’un an est immature, elle ne lui permet pas une digestion suffisamment rapide de ces spores pour en empêcher la germination. Cette germination dans l’intestin permet la production d’une neurotoxine qui cause divers symptômes pouvant aller jusqu’à la mort de l’enfant. Les spores de Clostridium botulinum sont probablement transportées par les abeilles qui seraient en contact avec elles dans l’air, la poussière et le sol.


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